Médiaticosmétique : nom commun féminin. Pratique journalistique consistant à "saupoudrer" les nouvelles divulguées au public de non-informations totalement superficielles argumentées de façon à les faire passer pour des phénomènes, voire des faits de société.
Exemple :

Un site de notation en ligne d'enseignants scolaires ... Poursuivi par des enseignants et condamné ce matin même à retirer tout mention individuelle sur les enseignants (autant dire que ledit site perd son charme et sa substance-même ...).
le web 2.0 a décidément le chic pour réinventer avec véhémence l'eau chaude ! Qui ne s'est pas amusé dans sa scolarité à "noter" ses enseignants et même à transmettre ces notes aux élèves suivants ? Pas de quoi en faire un fromage et encore moins un site ... Tout au plus un grotesque amusement de carabins ...
Qu'importe, la télévision et la presse écrite se sont largement répandues sur ce non-évènment ... Cela n'a même pas empêché Paul Amar dans son émission "Revu et Corrigé" du 1er mars de retenir cette potacherie parmi les 3 évènements TV marquants de la semaine. Excusez du peu ! D'ailleurs la médiaticosmétique marche aussi bien sur le fonds que sur la forme : Paul Amar le démontre préalablement à ce reportage dans la même émission en provoquant un débat sur la révélation de hausse des prix spectaculaire du magazine "60 millions de consommateurs". Rien n'est ressorti de nouveau ni même de compréhensible dans ce débat. Mais au moins il a eu lieu. Si tout de même, deux informations à retenir :
1. Notre ministre de l'Economie est allée elle-même vérifier le bien-fondé de cette enquête dans un supermarché (certainement une première pour elle !). Elle n'a vraiment rien de plus intéressant dans son agenda de ministre pour aller baguenauder avec un caddie ?
2. Ségolène Royal est bel et bien resté à l'époque du mitterrandisme puisqu'elle le déclare dans une interview reproduite : elle lit encore "50 millions de consommateurs" ...
La médiaticosmétique a d'ailleurs déjà ses "canons de beauté" et ses standards incontournables, la preuve dans l'édition de ce matin de Libération qui reprend à son compte une autre non-information déjà balancée par Marianne, savoir que Marion Cotillard, dans une interview passée à Paris Première a déclaré être très attirée par les "théories du complot" et qu'elle aime bien regarder les "contre-informations" sur le Net à propos notamment des évènements du 11 septembre 2001 ... Très bien, mais SO WHAT ?
Elle pense bien ce qu'elle veut cette charmante comédienne dès lors que cela ne porte aucun tort ou préjudice à quiconque ? Qu'est-ce qu'on en a à foutre ?
Pas pour Libé qui lui consacre un article et surtout assène à la jeune comédienne un rappel à l'ordre solennel :
"Marion Cotillard, 32 ans, écolo qui devra probablement s’astreindre à des prises de parole moins incontrôlées (...)"
(on relèvera le "écolo" bien péjoratif dans cette phrase offrant un merveilleux amalgame entre "alternatif" et "doux rêveur" ...)
Marion, faut pas rigoler avec la médiaticosmétique, c'est un affaire sérieuse !
(1) cette capture d'écran illustrant un article du journal de M6 a certainement été pris par un collaborateur de la chaîne dans les locaux de cette dernière. Ce qui est intéressant dans cette photo, c'est l'application tronquée en haut à gauche de l'écran, dans la barre d'état du navigateur qui renvoie à un célèbre site de streaming et téléchargement illégal de films sur le net ... Ah ah ah !)
12 commentaires:
je note ce blog 18/20, c'est bien Monsieur Boronali, continuez comme ça
P'tain moi j'ai jamais noté mes profs, ni même pensé à le faire.
C'est moi qui suis un pervers ou bien ?
Les mauvais (parce que forcément j'en ai croisés durant toutes ces années, le premier en cm1, pas mauvais enseignant techniquement d'ailleurs, juste brutal avec ces élèves on va dire, mais dans les années 70 la violence était encore considérée comme une méthode pédagogique valable, so ...) ne me gênaient pas : comme y avait toujours des supports avec des bouquins ou autres.
Si t'as suffisamment de pression dans ta gueule à la maison, tu t'arranges d toute façon.
Tout ceci me fait d'ailleurs me dire qu'une politique de civilisation se doit d'être totale pour être efficace :
- si tu tapes consciencieusement tes mômes, mais que les lopettes de l'éducnat le font pas, ou que la justice les en empêche, ça marche jamais comme civilisation ...
J'ai jamais été fan de Debord. J'ai même, je l'avoue, jamais réussi à finir son célèbre bouquin, bien que plusieurs tentatives.
Pourtant ce qu'il décrit, on a les deux pieds dedans. Mais j'ai toujours préféré la démonstration à l'incantation. Donc les intellectuels chiants plutôt que les déclameurs.
Je me demande même si ce n'est pas une forme d'aliénation debordienne que de décrire sous forme debordienne la société du pestacle.
(tien, j'te laisse avec cette patate chaude, une compulsion de répétition à moi, les poupées russes de l'analyse systémique ou qque chose dans le genre).
Sinon Paul Amar, quel craignoss !
(chuis dans ma phase com de trois km ...)
je ne dirais que "entièrement d'accord avec vous monsieur frerehaut"..Cette non information, ce grand bruit autour du rien du vide et du blush sans tenu..
étonnée d'entendre a la radio ce matin comme premier titre ce fameux "notetobe"..
a l'heure du facebook pourri (qui dégringole d'ailleurs) ou chacun s'étale avec sa vie et son humeur du jour.. et en noms propres s'il vous plaît l'hypocrisie frappe une fois de plus la tenue correcte exigée à l'école... moi je croyais que c'était sain de se rebeller un peu (c'est un site pas une bombe quand même) quand on était ado? non?
pour répondre a ton autre réponse de quelques jours: je ne parlais pas de toi, toi je sais que tu regardes le clavier, non mais des commentaires...
a part ça mon blog va bien, proche du néant, mais le temps me manque..Je lis beaucoup, et je fouine aussi..Projet de monter ma boutique galerie..
je t'embrasse mon loup désolée pour les autres ce commentaires n'est pas des plus fascinants pour vous
plume
@ syr : mais merci mister l'Helvète, moi-même, je dois avouer que j'adule votre blog et ne perds pas une occasion d'en faire l'apologie auprès de tous les blogueurs que je croise (et vu que j'habite à Blogland, j'en croise de partout !). Surtout quand vous avez la générosité de me traiter de "vieux aigri", c'est si finement observé ...(j'vous jure, y'a du coup d'pied au cul virtuel qui se perd ...) Alors, faut pas s'arrêter, hein ?
@ e-cedric :
Mis pourquoi je suis à chaque fois obligé d'imprimer tes commentaires pour y répondre !
Il est vrai que l'ouvrage de Debord devint assez roboratif sur les derniers chapitres ... Néanmoins, la citation en exergue de Feuerbach se suffit à elle-même :
"Et sans doute notre temps... préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être... Ce qui est sacré pour lui, ce n’est que l’illusion, mais ce qui est profane, c’est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l’illusion croît, si bien que le comble de l’illusion est aussi pour lui le comble du sacré."
En même temps très beau paradoxe : "Citer la pensée de Debord serait "spectacularisé" cette même pensée et donc la "dénaturer"..." ...
Toujours est-il mon cher Cedric qu'il avait vu juste pour la systématisation du spectacle dans la production et la consommation : que dire de ces sites comme note2be qui n'apportent strictement rien mais auxquels le public accorde une valeur et de surcroît "achète" systématiquement ?
(tiens, prends ce smash !)
@ soeurette : je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler "mon loup", j'vire au nounours à chaque fois ... J'attendrai tes photos avec fébrilité !
.....pas mieux !!
(je n'ai pas compris l'intérêt de l'article sur Marion Cotillard non plus...)
La momie.
@ mrs clooney : "pas mieux" en 8 lettres ?
ça challenge, ça challenge ...
Je replace ici un bout d'un (très) long com laissé chez Mry au sujet de la séquence Chetochine à la fac Pasqua. :)
Puis je développe (j'entends déjà les cris des lecteurs/trices, mais non, je serai sans pitié).
Autocitation avec projection positive :
Pour le mass media, n'est-ce pas le seul bouche à oreille qui fasse que ça marche ?
Je ne crois pas en un espèce de pouvoir d'imposition sur l'esprit, une force maléfique capable de lever des armées de zombies pour Danette.
Les gens se parlent, et/ou constatent que les différents cercles auxquels ils appartiennent (ou croient appartenir) matent aussi JP Pernault. Et hop, captage d'attention maximum. Car t'es bien obligé, ontologiquement, de parler d'autre chose que du temps qu'il fait. Et t'as pas réellement d'autres choix que de parler à des gens (même si tu sais dire que "touche moi pas" ou "casse toi pauv'con).
Fin de l'autocitation (j'en profite pour me donner une petite tape amicale dans le dos, chuis quand même blogger faut pas le perdre de vue).
Donc, j'disais que Debord, l'a pas cherché longtemps. Tout n'était déjà que signes et symboles avant les médias.
Avec l'apparition de l'industrie de programmation, comme le dit Stiegler, nous sommes littéralement noyés dans les signes et les symboles.
Ce n'est pas tant le panurgisme le pb principal, c'est la saturation cognitive. L'hébétude, ou l'hypnose générée par cette saturation.
L'autoalimentation du machin, c'est le PGCD de "l'être ensemble" qui le fabrique.
Nous n'avons pas d'autre choix que de causer entre nous. Et les sujets de reconnaissance sont les signes et symboles massivement diffusés, car les plus en commun, car l'émergence d'une (fausse) conscience globale et de la (vraie) conscience de la finitude du monde (y a plus de territoires à explorer et où se planquer) compliquent les choses. L'injonction d'être dans le village global contraint les esprits à essayer de concilier penser global et agir global. Erreur. Grossière erreur. On déconstruit les solidarités locales (et à cette échelle le local peut être la nation), et y a rien de global si ce n'est le marché (ahem), ou la litanie des utopies.
D'où les blogs, sans doute une tentative de reconstruire un local avec du sens dans un global qui n'est qu'une aggrégation de "locals".
L'Etat, l'église et d'autres machins ultraconservateurs l'ont bien compris qui tentent d'exercer un pouvoir policier sur le bidule.
T'as raison de dire que la blogosphère n'existe pas si c'est le village global comme je le penses que tu dénonces.
Si j'étais courageux, j'ferais un bouquin de tout ce merdier. Mais bon.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
@ e-cedric :
Aparté : mais le commentaire "anonyme" sous les dernières diapos de vacances de siur MRY, ça ne serait pas toi ? (même si tu en as mis un autre sous ton pseudo ...)
Bon, je me retrousse les manches :
La saturation cognitive. J'aime cette expression. Ell démontre bien le dépassement de l'étape précédente qui consistait à user de "l'imprégnation cognitive", notamment par l'art de la répétition.
Cependant, je ne pense pas que les blogs "re-fractionnent" l'information. Ils ne font que parachever - à un faible échelle, somme toute, cette saturation cognitive par deux moyens :
l'uniformisation circulaire de l'information (la "Long Tail") et la micro-réfraction d'information tout azimut.
Au final, les blogs, à l'enseigne des "autoroutes de l'information" (expression tellement "1.0" !) sont des cercles chromatiques en perpétuel mouvement.
Et l'on sait quand faisant tournoyer un tel cercle de couleurs à une certaine vitesse, il devient intégralement blanc ...
Bon, c'est pas tout, mais j'ai pas fini de me mater "Goodfellas" ! ! !
Aparté :
J'étais sûr qu'on allait m'accuser d'être l'auteur de ce commentaire anonyme chez Mry. Ben non, c'pas moi, je l'jure. J'ai un suspect moi aussi. :) Mais chuis pas certain.
Si tu relis attentivement le commentaire en question, et comme tu es un lecteur émérite de mon blog, il y a quelques différences minimimes avec mon propos.
Sinon.
J'aime bien micro-réfraction d'information.
Sinon, ne commets-tu pas une erreur de raisonnement ?
N'essaies-tu pas de reconstituer un tout cohérent alors que c'est bien un tout, mais incohérent.
Cette affaire de conscience globale est clé (enfin, j'crois).
J'en reviens à mes vieilles rengaines muchemblediennes : avant qu'un Etat centralisateur n'existe (accompagné de son clergé), y avait un tout, absolument hétérogène, mais chaque communauté locale avait refabriqué une conscience du tout.
Le point commun était là : cette conscience du tout. Mais autant de villages, autant de "touts".
Chais pas si des bloggers se sont penchés sur ce que c'est, d'être blogger, dans "sa" "communauté", et cette idée (quelle idée aussi j'te jure) d'être un bout de qquechose.
Si je lis beaucoup de blogs, y en a pas plus de 20 sur lesquels je lâche mes coms.
20, c'que dall. Sur 50 millions que je dois être en mesure de lire (chais pus combien de blogs en anglais).
@ e-cedric : Sur ce blog, tout se passe en-dessous de la ceinture : les billets sont "moyens", mais dans le scommentaires ça pulse ... Un antiblog quoi !
Ou n'était-ce pas la conception lemeurienne des journaux de bord en ligne qui voyaient en eux des catalyseurs d'échanges ("...les blogs démarrent des conversations ..." un truc comme ça ...) Ah ah ah !
Là, Cédric, excuse-moi, mais tu es un peu dans le "tout est dans tout et réciproquement ..."
Je veux bien adhérer à l'idée de "conscience globale" mais à des années-lumières des blog ... dans une perspective un peu plus quantique (Planck-ez vous tous !).
Parce que conscience globale suppose absence d'égo, et en matière de blog ... En revanche un imaginaire global maquillé en pensée (unique) oui !
Et on en revient à la représentation debordienne ...
(changement de balles)
(oh utain)
Ah tu vois, tu y viens, à Freud (quand j'dis j'ai conscience de l'énormité de ce que je dis au sujet de Freud). :)
Heu, alors là, interdiction formelle de me brocarder sur ma compulsion à moi, auto-dénoncée ici même, le tout est dans tout. Mon p'tit côté Ségolène. Ou pas.
Mais là j'fonctionnais en homologie, pas en "tout est dans tout". Comme il est tard j'tente pas un tout est dans tout là maintenant, de toute façon. Nan, parce qu'après, j'dors plus, pris de vertiges cosmiques.
Sans doute butons sur des mots auxquels nous prêtons des sens différents alors que l'idée est la même (non non, j'postule pas à l'ONU, bien que si on me proposait un poste, j'étudierai la question, enfin, là n'est pas le sujet).
Même le très égoïste a besoin d'une bande, d'une horde imaginaire si je pousse un peu mémé dans les orties.
Ce que je disais, c'est que la blogosphère est une structure pré-médiavale en qque sorte : ds villages, qui ne se parlent pas vraiment (pas de routes, pas d'électricité, la nuit tu bouges pas, et tous les ans tu fais un grand feu pour tenir à distance les forces de la nuit, etc.), qui éventuellement se font la guerre.
Chaque village a sa représentation du "monde" (la blogosphère donc).
Quant à la physique quantique, elle est à mon avis très pertinente pour essayer de décrire l'ensemble. Le plus frappant dans cette analogie : quand tu essaies, de l'intérieur de la blogosphère, de faire un billet (de qualité) sur la blogosphère, tu modifies la blogosphère et biaise ta "mesure".
Sur ces entrechats, m'en vais me coucher. :)
mkkrkhcr m'indique la vérification des mots. Toi-même. Il est tard pour elle aussi.
(hbdybcuk en fait)
@ e-cedric : tout chose étant égale par ailleur et réciproquement, j'opte alors pour le "rien n'est dans rien et tous le schmin mène à la blogosphère" ...
La médiévalité de la blogosphère, j'aurais pas osé et pourtant : vassalité, oligarchie autoproclamée et cooptée, obscurantisme, superstition, sacralisation et mise en scène de la "mort" (fermeture de blog) ... Y'a du parallèle, c'est vrai ...
(on branle le mammouth à heure indue, non ?)
Mais n'aurait-on pas atteint la "révolution industrielle" des blogs ?
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